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Yoga et santé naturelle : ayurveda ou naturopathie ? 



Difficile de répondre à cette question de manière tranchée, cela dépend avant tout de la sensibilité de chacun. Je vous propose d’explorer un cas pratique. L’ayurveda comme la naturopathie enseignent le respect des saisons, c’est un grand point de convergence commun à toutes les pratiques de santé naturelles, toutes celles que je connais du moins. Regardons ensemble ce qui les rapproche ou les distingue pour se donner un élément de comparaison concret.



Si l’on résume, le grand pilier de l'ayurveda est jouer sur la régulation des trois grands dohas présents en chacun de nous : kapha (l’eau), vata (l’air) et pitta (le feu). Chaque personne a un ou deux doshas sur-représentés par rapport aux autres qui influent sur son tempérament et sa santé. L’objectif est de les équilibrer au mieux, sachant que les saisons vont “aggraver” ou “diminuer” les qualités de certains doshas. “En fin de printemps et pendant l’été, l’humidité et la fraîcheur diminuent. Kapha dosha est pacifié (prashama). L’ensoleillement augmente progressivement jusqu’à atteindre le niveau caniculaire. Les qualités pitta, chaude, pénétrante, légère, atteignent progressivement leur paroxysme (prakopa). Les longues journées d’ensoleillement entraînent l’assèchement progressif de la Nature. Vata s’accumule (sanchaya), de par l’exacerbation-même des qualités de pitta.”


La naturopathie ne parle pas de doshas mais de quatre grands tempéraments avec une composante innée et une autre qui évolue en fonction de la vie que mène la personne et de ce qu’elle choisit de laisser s’exprimer ou non. Elle rattache ces tempéraments à des caractéristiques qui selon moi mériteraient d’être un peu modernisées, mais on peut tout de même en noter les caractéristiques de “saison”. Le bilieux (chaud et sec), le sanguin (chaud et humide), le lymphatique (humide et froid), et le nerveux (froid et sec). Comme en ayurveda, on note que chaque personne présente des caractéristiques piochées dans les différents tempéraments et qu’il convient de les équilibrer pour trouver un équilibre de santé. Sans être directement rattachés à une saison dans les textes d'hippocrates, on peut facilement déduire que celles-ci jouent sur les qualités et les difficultés propres à chaque tempérament. 


Bref, la santé est un équilibre dynamique qu’il convient d’adapter aux particularités de chacun et à son environnement ! Et c’est à la fois, selon moi, le grand point commun et la différence majeure entre ces deux médecines naturelles. Vous comprendrez pourquoi par la suite. 


Faisons fi des doshas et des tempéraments et entrons dans le vif du sujet : l’été. Que nous disent ayurveda et naturo. 


La chaleur affaiblit le corps, oppresse le cœur, impacte le sommeil, déshydratation et rétention d’eau nous guettent : il faut mettre de l’eau sur le feu ! 

Bref, boire plus, privilégier les tisanes froides mais pas glacées, se rafraîchir, éviter les gros efforts au plein cœur de la journée, préserver le sommeil, pourquoi pas faire la sieste… nous sommes alignés. 


Du point de vue digestif, la chaleur s’accorde mal avec les excès, évidemment. Mais que manger alors ? Et c’est là que je ne peux plus m’accorder : “Privilégier les saveurs douce, amère et astringente. Buvez du lait frais de qualité. Privilégiez tous les produits à base de noix de coco. Évitez tomates, ail, oignon, agrumes. Éviter l’excès de crudités…” Je m’arrête là, je cherche et je trouve des recettes de ragoûts à base de haricots secs et de légumes cuits. Deux objections, ça n’a aucun sens et c’est beaucoup trop compliqué ! Si l’on excepte toujours les spécificités propres à chacun, pour moi il y a une règle unique et simple pour l’alimentation : (bio), locale et de saison !


Nous y sommes. La constatation est la même en phytothérapie. Le territoire ! L’ayurveda tel qu’il est pratiqué en occident partage des principes hors sol. Nous vivons sur un territoire et nous y sommes adaptés. Mangez ce qui est sur l’étal de votre primeur, c’est ce dont vous avez besoin ! Les crudités, les fruits de l’été nous apportent cette eau dont le corps à tant besoin accompagné des nutriments qui permettent de l’assimiler et de supporter la chaleur. 


Il fait chaud ? Vous vous sentez lourds ? Adaptez, levez-vous tôt pour pratiquer une activité intense à la fraîche et faites la sieste ou préférez une activité douce (mais bougez ! Toujours ! Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit !). 


Parlons des plantes mélisse, verveine prolifèrent dans les bords de chemins ombragés, les tilleuls sont en fleurs : pas besoin de les faire bouillir, une infusion froide suffira et sera très désaltérante. On oublie le thym qui a presque disparu sous les herbes hautes mais le romarin (et la menthe) nous accompagneront tout l’été pour aider à la digestion. On peut aussi cueillir du fenouil pour mettre dans ses plats. 

C’est le moment de cueillir des immortels et du millepertuis pour réparer la peau brûlée par le soleil. 

Et les piqûres : la mélisse citronnelle éloigne les insectes, la lavande (aspic ou vraie) soulage les démangeaisons mais une simple feuille de plantain qui se trouve là, juste sous votre pied fera aussi parfaitement l’affaire. 

Je parle bien entendu ici pour les provençaux, un peu plus au nord tout change à nouveau 


Bref, vous l’aurez compris. Je ne remet pas du tout en question l’ayurveda comme pratique de santé naturelle mais simplement l’application que nous en faisons chez nous. Adaptez l’ayurveda à votre territoire et vous aurez la naturopathie. 


 
 
 

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